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Développement Personnel

Développement mental sémantique

Nous sommes des êtres de sens, des êtres sémantiques. Aussi nous ne pouvons pas concevoir de développement

personnel autre que sémantique. Quelles que soient nos convictions métaphysiques et quelles que soient nos réprésentations de nous-mêmes et du monde, nous n'éprouvons et ne vivons que du sens, des sèmes et des architectures de sèmes. Nous sommes et nous vivons dans un monde mental personnel non physique. Nos désordres et nos souffrances sont mentaux, nous ne pouvons les résoudre que mentalement par des transformations et une évolution de notre architecture sémantique.

 

 

NOTRE DEVELOPPEMENT MENTAL SEMANTIQUE

Avant de pouvoir espérer une évolution sémantique saine et l'acquisition de capacités mentales efficaces, nous devons nous débarrasser des aliénations mentales qui nous entravent. Ces aliénations sont de trois types :

a) L'aliénation sociale

b) L'aliénation physique

c) L'aliénation linguistique

Si vous êtes libéré de ces trois aliénations, vous n'êtes plus un être social formaté par les médias, vous n'êtes plus un corps physique et ses diverses images, vous n'êtes plus un homme quelles que soient ses représentations philosophiques, vous êtes vous-même : un être vivant singulier libre, vous êtes libre.

 

SEMANTIQUE ET LINGUISTIQUE

La sémantique est la science du sens, la linguistique la science des signes d'un langage. Ce serait une erreur de faire de la linguistique la science des signifiés d'une langue, à supposer que ces signifiés existent, ce que semble contredire l'évidence de la singularité de notre sens personnel. Au désespoir des convictions des linguistes, les signifiés collectifs sont un fantasme et n'existent pas.

La langue est un facteur culturel d'aliénation des trois types si vous pensez exclusivement dans un langage comme la novlangue dans 1984 d'Orwell, heureusement ce n'est pas le cas, c'est seulement ce qu'on cherche à vous faire croire. Regardez ces hiéroglyphes de l'ancienne Egypte : ils impliquent des dieux, un système social et la souveraineté du pharaon. Toute langue est en quelque sorte une novlangue naturelle manipulée par les médias qui véhiculent ces aliénations, raison pour laquelle elle est si importante pour le pouvoir politique, le système économique en place ou la religion comme l'arabe en terre d'islam, le français n'y échappe pas. Heureusement vous ne pensez pas exclusivement dans un langage, sinon vous ne pourriez pas conduire votre voiture, ni exercer votre métier qu'il soit manuel ou intellectuel. Pour diriger vos gestes, vous pensez vos gestes sans passer par la langue mais par des percepts. Il en est de même pour diriger votre mental. Comme pour votre corps, vous ne pouvez diriger votre mental que par des percepts mentaux, pas avec les mots d'une langue qui ignorent l'existence même de votre mental et ses immenses capacités. Pour diriger votre mental vous devez donc apprendre les percepts de gestes mentaux, sinon vous ne saurez rien faire et resterez pratiquement impuissant face au problèmes que vous rencontrez dans votre monde mental. Ces percepts, sèmes ou qualia, constituerons alors un champ sémantique dans votre mémoire, hors de tout langage.

 

DEVELOPPONS NOTRE CHAMP SEMANTIQUE

Le langage ordinaire ne nous offre guère de termes pour exprimer nos percepts mentaux et, quand il en offre, ceux-ci  sont si polysémiques qu'ils ne nous sont guère utiles. Pour exprimer nos pensées à d'autres, nous sommes contraint de créer des signes ou de les détourner des sens que d'ordinaire on leur prête. C'est ce que j'ai fait en donnant des noms à nos fonctions mentales, des termes comme pathologique ou analytique ont un tout autre sens en psychologie ou en mathématiques. Mais tout ceci n'a pas d'importance car nous n'avons pas besoin de signes pour penser. 

Pour développer notre champ sémantique il faut approfondir nos perceptions mentales intimes, ne pas se satisfaire du flou ordinaire que nous éprouvons, ne pas croire que cet état est naturel et immuable dans ses lacunes. Mais au contraire s'attacher à goûter la moindre émergence de sens fuyante. Plonger dans ce flou avec notre concentration, sans l'analyser conceptuellement, éprouver et éprouver notre intention d'éprouver. Car dans cette intention, il y a du sens, de la révélation de nous mêmes qu'aucun mot ne peut décrire. Ici c'est notre fonction volontaire dont nous pouvons remarquer les errements et les caractéristiques, et nous pouvons le faire pour toutes nos fonctions mentales, dans un état que certains nomment la pleine conscience.

 

SEME

La sémantique linguistique définit le sème comme l'unité minimale des significations à fonction distinctive. Un faisceau de sèmes est nommé sémène. Ces définitions sont dans le cadre des concepts faux de mot et de signifié du mot.

La réalité du sens est toute différente. Aussi, hors de tout langage, j'associe le signe (sème) aux unités du champ sémantique. Cependant, ces unités sont de simples repères d'une réalité diffuse beaucoup plus complexe, continue, multidimentionnelle, non exhaustive d'une richesse qui se nourrit des relations avec l'ensemble de notre mémoire, et qui s'ouvre en plans successifs dans les soubassements du champ sémantique.

Les signes que nous rattachons à certains de ces sémes, mais pas à tous, apparaissent alors comme des miroirs de leur environnement et de la réalité complexe quasiment insondable de notre champ sémantique, que le  pouvoir de notre concentration doit parcourir pour en révéler les multiples aspects. Nous devons donc distinguer le repére indiciel que nous offre le sème pour penser, de son développement sémantique, et nous entraîner à parcourir et voyager au sein de ce dernier pour augmenter notre acuité sémantique.

 

HISTORIQUE DE L'EVOLUTION DE LA PENSEE HUMAINE

Il y à quelques dizaines de milliers d'années, l'homme pensait encore comme le font tous les animaux, perceptuellement, à l'aide des percepts de ses gestes physiques, de qualia, de sèmes de ses émotions, de ses impressions et de ses intentions. Puis il s'est mis progressivement à penser conceptuellement à l'aide de signes, des phonèmes d'un langage, en associant ces signes à des significations, des représentations imaginaires, des constructions abstraites, des idées, presque toujours fausses. La différence entre ces deux modalités de penser, c'est que la pensée perceptuelle par sa construction ne peut échapper aux rails de sa réalité vécue, de ses qualia, alors que la pensée conceptuelle en sort, en jonglant librement avec des structures imaginées qui s'éloignent de plus en plus de sa réalité, avec le risque qu'elles soient de plus en plus fausses.

Cette pensée conceptuelle a favorisé l'éclosion des grands empires de l'antiquité, le développement des structures économiques, la hiérarchisation sociale, mais aussi le sectarisme et l'aliénation tribale. Cependant elle a plongé l'esprit de l'homme dans la confusion, dans des extravagances et des croyances, des traditions arbitraires emmêlées dont il ne peut plus s'affranchir. Pour s'en libérer et revenir à une sémantique saine que prône Alfred Korzybski dans Science and Sanity, il faut renouer avec la réalité de la pensée perceptuelle, et la développer par l'accès et la perception de nos fonctions mentales, de leurs structures sensibles, des nuances de leurs émergences et de la multitude de leurs produits. Ce n'est pas une pensée pauvre, comme on aurait tort de le croire. Au contraire son potentiel est immense, car c'est celui sans limite de nos fonctions mentales.

Les croyances et les théories conceptuelles ne nous apportent rien au niveau mental, sinon l'illusion d'un savoir et d'une sécurité ontologique. Notre mental est un outil pour faire et non pour savoir, pour cela il construit des programmes en sèmes infralinguistiques.

 

CONCEPTUEL ET PERCEPTUEL

Nous avons deux modes pour penser à notre disposition : le fonctionnement conceptuel et le perceptuel.
Le mode conceptuel est fondé sur un imaginaire qui élabore des idées en assemblant des concepts grâce à des opérateurs logiques. Tant que ces concepts sont des abstractions de nos percepts sensoriels, nous n'avons guère l'occasion de trop nous perdre, mais dès que nous en sortons nous divergeons de toute réalité pour la remplacer par des idées, d'autant plus que nous pensons alors linguistiquement en attribuant des signifiés conceptuels à des signes.
Le mode perceptuel est fondé sur la réalité de nos ressentis. C'est celui que notre pensée consciente utilise pour diriger notre corps. Nous pouvons l'enrichir en développant nos percepts mentaux. Nous pouvons accompagner cette pensée infra linguistique d'abstractions des propriétés de nos ressentis, sans les identifier à des concepts d'une part parce qu'ils sont intimement associés à nos percepts mentaux, d'autre part parce qu'aucun énoncé verbal ne peut les décrire d'une façon claire et précise. 
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© Jean-Louis Tripon

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